Lundi 19 mai 2008
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Texte co-signé par Clémence Dauphin <
http://clemencedauphin.wordpress.com>, Conseillère Municipale et Animatrice
Fédérale du MJS 37
Juline Joly, Secrétaire Fédérale du MJS 37
Adrien Soissons <
http://adriensoissons.online.fr/wordpress>, Coordinateur MJS de la Région Centre
Ce que nous avons à dire est désagréable à entendre, mais depuis un an, nous n'avons pas pu le faire. Il y a un an, nous assistions à la confirmation de la défaite de la Gauche. Nous avons une
confidence à vous faire, nous n'avons jamais fait campagne pour Ségolène Royal. Dès novembre 2006, nous avons pris acte du vote du Parti Socialiste en faveur de la présidente du Conseil Régional du
Poitou-Charentes, elle n'était pas la candidate de 60% de militants mais la candidate socialiste.
Nous nous sommes soumis librement à la discipline de parti et avons mis toute notre détermination pour faire gagner la gauche et mettre en échec Sarkozy et ses avatars locaux. Nous n'avons pas
fait une campagne pour Ségolène Royal, mais campagne pour la candidate socialiste. Nous avions même été ceux qui exigeaient de tous "2007, le devoir de victoire".
Drapée de métaphores pour tenter de sourire de cette sinistrose au Parti Socialiste, depuis la défaite de 2007, la chasse aux sorcières et aux sorciers est lancée, on cherche des fauteurs : qui
aurait jeté un sort sur la candidate, on enquête pour savoir si des fédérations n'auraient pas brûlé des tracts, qui arrivaient toujours par petits paquets.
Enivrés d'amertumes, il y en a qui nourrissent les divisions, jugeant certains en retrait, d'autres envolés. Il est facile de juger ceux qui ont été rangés au placard pendant la campagne, quand
plutôt que d'aller convaincre nos électeurs ayant glissé vers le Modem on allait plutôt négocier en secret avec le leader sur son tracteur.
Pourquoi n'avoir pas été à l'initiative de l'interrogation sur la pluralité des médias alors que ces questions nous traversent peut-être parce que les médias étaient bien-disant à ce moment-là
?
Nous avons longtemps cru à la victoire de la gauche en 2007, tant les attaques de la droite à l'égard de notre patrimoine collectif étaient impopulaires : casse des services publiques, casse des
systèmes de solidarité. Nous avons longtemps cru à la victoire en 2007 parce que le formidable élan né de la mobilisation contre le CPE avait réveillé le peuple de gauche. Parce que nous, enfants
du 21-avril, avons été surpris de voir enfin une campagne où les thématiques abordées nous étaient favorables : pouvoir d'achat, logement, éducation, institution, fiscalité, travail.
Nous ne sommes pas des moutons et nous ne croyons pas au berger qui mène son troupeau dans les montagnes pour qu'il finisse à l'abattoir. Sarkozy brassait du vent, mentait sur ses capacités. Un
an après sa victoire, nous ne démordons pas de cette conviction, tant les français nous donnent raison. Mais il est trop tard.
Dynamisés par ce devoir de victoire que nous devions aux français, nous y avons mis toutes nos forces, toutes nos volontés. Nombreux sont ceux qui nous ont rejoints au cours de la campagne car
ils croyaient en notre capacité de gagner contre Sarkozy. Pourtant, quelle a été notre erreur, car elle est collective : nous n'avons durant cette campagne pas été capables de définir un projet
de société alternatif ; croire et porter le souhait de l'alternance n'a pas suffi. Nous n'avons fait que compiler un certain nombre de mesures.
Quid de l'enfermement en centre de redressement militaire des jeunes délinquants, quid du Contrat Première Chance, quid du débat du second tour ? Bien qu'investis fortement dans la campagne, les
informations transitaient directement par la presse, les libertés ont été prises par rapport au projet quitte à le dénaturer et le contredire a posteriori.
Les victoires des municipales ne sont pas celles du Parti Socialiste, si la campagne revêt bien sûr un aspect national qui nous a été favorable dans beaucoup de villes, il n'en demeure pas moins
que notre parti ne sait ni se doter du projet de société adéquat depuis 20 ans ni des outils nécessaires à la victoire. Si certains n'ont pas pu faire la campagne des présidentielles, il en
résulte en grande partie des cafouillages de l'équipe de campagne, de la bureaucratie et des faibles moyens logistiques à l'image du mépris affiché de certains pour les petites sections, son
parti et ses militants.
Nous avons pu, grâce à Mitterand, devenir, le pilier central de la gauche, nous en avons juste fait la principale force d'opposition. Depuis 20 ans, nous échouons aux élections nationales, nous
ne profitons que des défaites de la droite. Nous avons plus qu'un droit, mais un devoir d'inventaire à exercer perpétuellement, pas seulement quand la gauche est au pouvoir ; nous ne l'avons pas
fait depuis longtemps. Notre devoir est de proposer aux citoyens des repères pour notre société, d'être en mesure de définir une alternative et de dessiner les contours de son échelle. Pour cela,
nous devons être en mesure de définir les difficultés et d'y trouver des réponses politiques. Nous sommes républicains et nous n'avons pas à chercher des exemples dans des monarchies
parlementaires dont l'objectif n'est pas la transformation sociale mais la paix sociale. Nous avons le devoir d'être créatif et d'assumer notre identité sans chercher à vouloir la démoder, sans
chercher à la détruire.
Pour un congrès utile et serein, sachez faire preuve d'un peu moins de « colère saine ».