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Dimanche 11 novembre 2007 7 11 /11 /Nov /2007 15:00

NV-doss-101.jpg Depuis septembre se tiennent à la fac des Tanneurs des réunions d'information et des assemblées générales concernant la LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités) aussi appelée loi d'autonomie des universités. Et depuis mardi matin, ce même site des Tanneurs est bloqué suite à une décision de l'Assemblée générale de lundi soir. Ce blocage décale malheureusement le débat sur sa raison d'être alors que la question dépasse de loin cela. Il ne s'agit pas de savoir si oui ou non le blocage va se poursuivre mais si le gouvernement va prendre ses responsabilités face aux angoisses de la jeunesse.

Car tout le problème est là. Le service public de l'enseignement supérieur manque cruellement de moyens aujourd'hui, ce qui se caractérise par un faible nombre d'heures de cours en licence et donc un faible taux d'encadrement. D'autre part, le manque d'aides sociales aux étudiants prend aussi sa part de responsabilité dans l'échec en licence. Or cette loi LRU ne met pas en place de moyens supplémentaires pour la licence ni pour les aides sociales aux étudiants. Pire encore, elle ouvre la porte aux financements privés.
Un premier pas vers la privatisation de la fac ? La question est posée. Il n'en est pas moins qu'à terme, le risque est grand : disparition des filières les moins "rentables" (histoire des arts, philo, musicologie...), budget toujours limité pour les licences, etc. Mais comme les étudiants le scandent dans les manifestations qui ont lieu partout en France, le savoir n'est pas à vendre ! La fac est un lieu d'épanouissement culturel, un lieu où est  dispensé le savoir, non pas toujours à des fins professionnalisantes mais aussi pour que chacun ait accès à une culture générale qui lui serve toute sa vie. D'autre part, la question du financement privé des universités pose la question cruciale de la démocratisation de l'enseignement supérieur. Prenons l'exemple des Etats-Unis où le mécénat y est roi : les moyens sont importants ; mais qui n'a jamais regardé une série TV américaine où les lycéens devenus étudiants doivent se salarier, demander des prêts auprès des banques pour avoir accès aux plus grandes facs ? Déjà obligés à travailler pour payer leur logement, leur transport, etc. les étudiants français ne supporteraient pas la lourde charge de frais d'inscription exorbitants pour accéder à la fac. Seules les élites sociales y auraient accès. 
Oublions le scénario (catastrophe mais avisé) de la privatisation de la fac et revenons à la situation actuelle. L'enseignement supérieur est déjà marqué par un profond élitisme régi par l'accès aux Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles qui est réservé seulement aux meilleurs de chaque classe de terminale, et où règne une ambiance de compétition moralement exténuante. De plus, et renforçant ces inégalités, un étudiant de CPGE coûte entre 12 000 et 16 000 € par an alors qu'un étudiant en fac ne coûte "que" 4 000 à 8 000 € annuels. Bien que l'UNEF ait réussi - grâce à ses négociations en juin avec le gouvenement - à supprimer l'article concernant la sélection à l'entrée du MASTER 1, les inégalités entre étudiants existent malgré tout. Entre étudiants, mais entre établissements également. La loi LRU, avec sa volonté de coopération entre facs et bassin d'entreprises local, verra la mise en place de diplômes locaux et spécifiques. A terme, quelqu'un qui commence sa licence dans une université ne pourra plus la poursuivre dans une autre car les spécificités seront différentes. C'est pourquoi l'établissement d'un cadre national des diplômes est indispensable.

La loi LRU soulève donc de nombreuses questions et de nombreuses angoisses chez les jeunes. Il s'agit maintenant de continuer la mobilisation, le blocage n'étant pas la solution miracle à la prise de conscience du gouvernement. Ce n'est qu'un moyen et non une fin en soi. Mais le caractère radical et contraignant de ce moyen d'action place les étudiants mobilisés face à une vraie responsabilité : obtenir l'abrogation de la LRU et des aides concrètes pour les étudiants. Le gouvernement doit cesser de mépriser la jeunesse et prendre des mesures d'ampleur immédiatement pour répondre aux craintes des étudiants qui se demandent parfois comment ils vont finir l'année.

Revendiquer l'abrogation de la LRU, c'est dénoncer le désengagement financier de l'Etat vis-à-vis de l'enseignement supérieur, c'est exiger la démocratisation de l'accès au savoir et à la culture, c'est dénoncer la mise en place d'un profond élitisme dans les études supérieures, c'est enfin demander un peu plus de considération de la part du gouvernement envers les jeunes. Un grand Président de la République Française disait cela : "Si la jeunesse n'a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort."

Par Juline Joly - Publié dans : Vie étudiante
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Commentaires

J'espère que ton analyse et tes recherches sur le sujet ont été plus loin que les tractes de l'UNEF et de SUD étudiant. Il te manque quelque infos comme le fait que déjà les recherches en fac sont déjà financées avec une partie non négligeable de capitaux privés depuis plus de 10ans. que l'AFNEUS (faisant partis de la FAGE) dénonce depuis 4 ans déjà la disparité que l'état alloue à un étudiant en écoles ou à l'université. L'AFNEUS représentant les étudiants universitaires en sciences se sent la principale victime de cette différence. L'AFNEUS a fait des propositions au ministère afin de résoudre le problème de la licence. Le principal (ce n'est pas le seul) motif de refus de cette loi est sans aucun doute la baisse de la "voie" étudiante dans le conseil d'administration, il comprend de 20 à 30 membres: - 8 à 14 représentants des enseignants-chercheurs - 7 à 8 personnalités extérieures - 3 à 5 représentants des étudiants - 2 à 3 représentants des personnels techniques et administratifs. on passe de 14 étudiant à 5 voire 3, et même les personnes extérieurs sont plus représenté que nous. Je pense que les étudiants ont le droit d'avoir plus de place dans le conseil.
Commentaire n°1 posté par christian le 15/11/2007 à 07h40
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