Partager l'article ! Rentrée socialiste !!: C'est avec quelques semaines de retard que je fais ma rentrée sur mon blog... Rentrée socialiste donc. Parce qu' ...
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
C'est avec quelques semaines de retard que je fais ma
rentrée sur mon blog... Rentrée socialiste donc. Parce qu'après un été de travail passé loin de tout, avec pour seule ouverture (sur le monde, j'entends !) Libé et les infos de France Inter, me
revoilà, bien décidée à ne plus lâcher ma plume !! Petit retour sur les événements estivaux marquants... Président Sarko a réussi à faire passer la majorité de ses réformes pendant que les
français prenaient leurs habituels congés du mois d'août, et que les étudiants bossaient en intérim ou en colo pour payer leurs études. First Lady Cécilia, relookée en redoutable négociante
d'armes a obtenu la libération des infirmières bulgares en Libye, moyennant quoi un très probable contrat d'armement avec le colonel Kadhafi. La suite (et fin ?) de l'histoire est tout aussi
accablante... Appelée à témoigner dans le cadre d'une commission d'enquête sur cette fameuse libération, Cécilia Sarkozy a déclaré que ce n'était "pas sa place devant cette commission". Pardon
?... Je m'étrangle en apprenant cette nouvelle... "Pas sa place" ??? En Libye, en revanche, elle s'est sentie à sa place au moment de ses négociations avec Kadhafi. La first lady n'assume pas !
Ou, autre hypothèse, Président Sarko, qui craint le moindre faux pas de son épouse, a déclaré que celle-ci n'interviendrait pas devant la commission. Bref, cafouillage national, embrouille et
arnaque monumentales, sous les yeux naïvement éblouis des français qui voient en cette femme une nouvelle figure de l'action humanitaire... Bref. L'été 2007 c'est aussi la visite de Sarkozy chez
Bush, les communiqués de presse (bi-)quotidiens, un nouveau type de discours le 14 juillet, et j'en passe et des meilleures. Mais arrêtons là l'inventaire interminable des événements
Sarko.
Chanceuse membre du MJS de Tours, j'ai eu l'occasion de participer à l'université d'été conjointement du PS et du MJS à La Rochelle. Militants nombreux, ambiance studieuse et dynamique, éléphants manquant à l'appel, ces trois jours ont été très formateurs. Ce "diagnostic pour la rénovation" relèvera-t-il le PS ? La question reste posée. Il n'en est pas moins qu'il a relevé les défis qu'on lui avait lancés. Bilan de la défaite, mais surtout analyses de notre société, des valeurs socialistes et de leur importance dans cette "rénovation" ou "refondation" ou "changement" - les termes sont multiples -, et propositions concrètes notamment dans le fonctionnement du Parti.
Parmi les nombreux ateliers, celui intitulé "L'individualisme contemporain et l'élection" a vu la remarquable intervention d'Henri Weber, présentant un exposé très concret de cette notion philosophique, sociologique et sociétale. Il distingue deux types d'individualisme : l'individualisme démocratique et l'individualisme égoïste. Le premier est un mouvement qui lutte pour l'autonomie des personnes en mettant en oeuvre l'émancipation des moeurs collectives. Il ajoute que le socialisme est un individualisme car c'est avant tout un idéal de civilisation et vise l'épanouissement des individus notamment par la culture, l'éducation, etc. , l'économie n'étant qu'un moyen pour atteindre ces objectifs. En revanche, l'individualisme égoïste, celui de Tocqueville, a pour conséquence directe le repli sur soi et la mise à l'écart de la société, poursuit Weber. Mais après la prédominance de l'individualisme démocratique illustré par mai 68, la montée de l'individualisme égoïste dans les années 1990 a engendré une véritable crise de civisme, un effondrement des liens de solidarité et donc une désagrégation de la société. Cette intervention très intéressante d'Henri Weber a d'entrée recadré les notions de "droite" et de "gauche". Car on entend souvent "Mais ça ne veut rien dire « être de droite ou de gauche » "... Si, car bien que les mots dans leur sémantique n'aient pas de sens politique, c'est évident, ils rassemblent respectivement un certain nombre d'idées et surtout de valeurs communes sans lesquelles en effet ces mots n'ont pas de sens. Mais à partir du moment où on sent une appartenance à ces valeurs, où on agit en cohérence avec ces valeurs, on peut affirmer être de gauche ou de droite. On ne peut pas "être de gauche " et parler d'assistanat !!
Le second atelier auquel j’ai participé s’appelait « Y a-t-il droitisation de la société française ? ». Au cours de cet atelier, le maître de conférences de Sciences Po Eric Dupin, auteur de l’ouvrage A droite toute, est intervenu pour expliquer ce phénomène. Selon lui, il existe cinq facteurs majeurs : tout d’abord la crise des identités collectives qui mène à un individualisme (égoïste) généralisé ; l’extension du modèle marchand qui entraîne la montée du consumérisme et donc du « chacun pour soi » au détriment du « vivre ensemble » ; le vieillissement de la population qui s’accompagne de la montée de la peur sociale (précarité sociale, insécurité) ; la mise en concurrence des hommes et des territoires ; et enfin une certaine dégénérescence du débat politique, une dépolitisation au profit de la peoplisation (dont la droite tire plus facilement parti que la gauche). De ce constat, Eric Dupin nous met en garde contre deux pièges. Le premier consisterait à nier ce phénomène et le second à s’y plier (c’est-à-dire à accepter les thématiques de l’ordre, des discours moralisateurs…).
Face à cela, la gauche a du grain à moudre. Elle se doit de mener une véritable bataille idéologique, culturelle et même philosophique. La question de l’individualisme doit être posée de façon neuve, peut-être en opposant les deux facettes de cette notion et ce que chacune d’elle recouvre. La question du marché doit être abordée de façon claire. Un véritable travail de réflexion doit être mis en œuvre en coopération avec les citoyens, les syndicats, les militants aux côtés des théoriciens.
Voilà mon léger compte-rendu de cette première université d’été. Je n’en ai esquissé que les grandes lignes car ce sont les deux interventions qui ont été les plus formatrices en ce qui me concerne durant ces trois jours. Mais le bilan des autres ateliers est en ligne sur le site du PS.
A présent, des questions sont posées et nous avons peu de temps pour leur trouver des réponses. Alors retroussons nos manches, sortons nos carnets et nos stylos, la rentrée est studieuse !! A bon entendeur…
Oui, la question d'un rapprochement avec le MoDem a donc été posée lorsqu'une militante du MJS a demandé à François Hollande si "rénovation du PS" signifiait forcément "ouverture vers le centre". Et la réponse de celui-ci a été claire, une ouverture n'est possible que si elle se fait dans le respect des valeurs socialistes, des valeurs de gauche que sont celles du PS. Dans le cas contraire, aucun rapprochement n'est possible. Voilà pour la réponse de Hollande. Pour ma part, je crois que la défaite à la présidentielle et la débâcle de la gauche en général depuis 2002 (les régionales et les européennes ne constituant pas une victoire à mes yeux) sont dues à un manque de solidité, d'appui sur les véritables valeurs de gauche, un manque de cohérence, en soi, qui pousse les citoyens à ne plus comprendre le clivage droite/gauche (qui à mon sens existe bien encore, tu l'auras compris !) et à ne plus adhérer aux idées défendues par les hommes (et femmes !) politiques, et militants de gauche. Je semble m'éloigner du sujet, mais je suis au coeur de celui-ci, au contraire ! Car je crois qu'un rapprochement avec le MoDem, s'il n'est pas accompagné d'un rapprochement avec la gauche plurielle (communistes, verts, communistes révolutionnaires, altermondialistes...), ne se mettra pas au service de la refondation des valeurs socialistes en entraînant celles-ci vers des racines nouvelles, des racines "plus à droite", d'où la droitisation que j'évoque : bien plus que la droitisation de la société française, il est aussi question de la droitisation du Parti Socialiste.
Quant à la gauchisation des centristes, si je comprends bien ta question, elle ne me semble pas aussi claire que tu sembles le dire. Le contraste entre la droite et le centre-droit est peut-être plus flagrant entre Sarkozy et Bayrou que Chirac et Balladur !! Mais de là à dire que Bayrou est à gauche, il y a tout un monde ! Non ?